{"id":33010,"date":"2025-09-01T17:02:31","date_gmt":"2025-09-01T15:02:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.confianz.be\/?p=33010"},"modified":"2025-09-01T17:04:06","modified_gmt":"2025-09-01T15:04:06","slug":"taxe-de-sortie-espagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/exit-taks-spanje\/","title":{"rendered":"L'imp\u00f4t \u00e0 la sortie et votre \u00e9migration en Espagne"},"content":{"rendered":"<p>La perspective de vivre sous le soleil espagnol, caract\u00e9ris\u00e9 par un climat agr\u00e9able et une qualit\u00e9 de vie \u00e9lev\u00e9e, attire les Belges depuis des d\u00e9cennies. Cette consid\u00e9ration est souvent renforc\u00e9e par la perception d'un r\u00e9gime fiscal plus favorable. Or, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral belge a annonc\u00e9 une vaste r\u00e9forme fiscale qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Cette r\u00e9forme n'est pas un simple ajustement des r\u00e8gles existantes ; elle introduit un concept fondamentalement nouveau dans l'imp\u00f4t belge sur le revenu des personnes physiques : une taxe g\u00e9n\u00e9rale sur les plus-values des actifs financiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnes qui envisagent de d\u00e9m\u00e9nager sont inform\u00e9es qu'une \"taxe de sortie\" s'ajoutera \u00e0 ce nouvel imp\u00f4t. Cette taxe vise sp\u00e9cifiquement les personnes qui \u00e9tablissent leur r\u00e9sidence fiscale en dehors de la Belgique. L'introduction de cette l\u00e9gislation cr\u00e9e une grande incertitude et des d\u00e9savantages financiers potentiels pour les Belges qui poss\u00e8dent un portefeuille d'investissement et qui ont des projets concrets d'\u00e9migration.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous d\u00e9cortiquerons les m\u00e9canismes pr\u00e9cis de la nouvelle l\u00e9gislation belge, nous examinerons en d\u00e9tail les implications fiscales d'un d\u00e9m\u00e9nagement en Espagne et nous expliquerons l'interaction avec la convention de double imposition entre la Belgique et l'Espagne. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Note<\/strong>Le Parlement europ\u00e9en : La l\u00e9gislation relative \u00e0 la taxe de sortie n'est pas encore d\u00e9finitive. Seul un accord politique a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9. Cet article de blog est bas\u00e9 sur les informations d\u00e9j\u00e0 disponibles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La nouvelle taxe belge sur les plus-values : un examen approfondi<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour comprendre l'impact de l'exit tax, il est indispensable de bien conna\u00eetre la taxe sur les plus-values sous-jacente, officiellement une \"contribution de solidarit\u00e9\". En effet, cette nouvelle taxe constitue la base de calcul de l'exit tax.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Principes et entr\u00e9e en vigueur<\/h4>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de la r\u00e9forme, l'introduction d'une taxe sur les plus-values r\u00e9alis\u00e9es sur un tr\u00e8s large \u00e9ventail d'actifs financiers. Le champ d'application comprend les actions, les obligations, les produits d\u00e9riv\u00e9s, les fonds communs de placement, les ETF, les crypto-actifs, et m\u00eame certains produits d'assurance-vie (branches 21, 23, 26).<sup><\/sup> La loi s'applique aux personnes physiques soumises \u00e0 l'imp\u00f4t sur le revenu des personnes physiques et \u00e0 certaines personnes morales soumises \u00e0 l'imp\u00f4t sur les personnes morales, telles que les associations sans but lucratif et les fondations priv\u00e9es. Les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, dont les plus-values sont d\u00e9j\u00e0 soumises \u00e0 l'imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s, ne sont pas concern\u00e9es.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La date d'entr\u00e9e en vigueur est fix\u00e9e \u00e0 <strong>1er janvier 2026<\/strong>.<sup><\/sup> Cette date est d'une importance capitale et agit comme une date butoir au c\u0153ur de toute planification strat\u00e9gique. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L'exon\u00e9ration cruciale des plus-values historiques : le \"Step-Up\".<\/h4>\n\n\n\n<p>Un principe rassurant de la nouvelle loi est la non-r\u00e9troactivit\u00e9. Seules les plus-values accumul\u00e9es et r\u00e9alis\u00e9es <em>de<\/em> 1er janvier 2026 sont soumises \u00e0 l'imp\u00f4t. Toutes les plus-values historiques diff\u00e9r\u00e9es (non r\u00e9alis\u00e9es) accumul\u00e9es jusqu'au 31 d\u00e9cembre 2025 sont explicitement exon\u00e9r\u00e9es. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Techniquement, cela se fait par le biais d'un \"step-up\" l\u00e9gal de la valeur d'acquisition. Pour les biens acquis avant le 1er janvier 2026, la valeur d'acquisition pour le calcul des plus-values futures est th\u00e9oriquement \u00e9gale \u00e0 la valeur de march\u00e9 \u00e0 la date du 1er janvier 2026. <strong>31 d\u00e9cembre 2025<\/strong>. Si le prix d'achat original, historique, \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9, cette valeur plus \u00e9lev\u00e9e peut \u00eatre conserv\u00e9e.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, cette augmentation n'est pas passive ; elle impose au contribuable une charge administrative et probatoire importante. La loi pr\u00e9voit des r\u00e8gles d'\u00e9valuation sp\u00e9cifiques et hi\u00e9rarchis\u00e9es pour d\u00e9terminer la valeur au 31 d\u00e9cembre 2025 <sup><\/sup>: &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Actifs r\u00e9pertori\u00e9s :<\/strong> Le cours de cl\u00f4ture du 31 d\u00e9cembre 2025.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Actifs non cot\u00e9s :<\/strong> C'est l\u00e0 que les choses deviennent plus complexes. La valeur est la plus \u00e9lev\u00e9e de diff\u00e9rents montants forfaitaires, tels que la valeur d'une transaction r\u00e9cente entre des parties ind\u00e9pendantes, des formules d'\u00e9valuation contractuelles ou un calcul bas\u00e9 sur une formule telle que <code>fonds propres + 4x EBITDA<\/code>.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Note alternative :<\/strong> Le contribuable a la possibilit\u00e9 d'opter pour une \u00e9valuation ind\u00e9pendante et motiv\u00e9e pr\u00e9par\u00e9e par un r\u00e9viseur d'entreprise ou un expert-comptable. Ce rapport d'\u00e9valuation doit \u00eatre \u00e9tabli avant la fin de l'ann\u00e9e 2026.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L'introduction de cette majoration est une mesure politiquement n\u00e9cessaire pour rendre la loi juridiquement viable en \u00e9vitant la r\u00e9troactivit\u00e9. Toutefois, elle a pour cons\u00e9quence in\u00e9vitable de cr\u00e9er une \u00e9norme obligation administrative et financi\u00e8re ponctuelle pour les <em>tous<\/em> investisseur belge. Ce n'est plus une option mais une n\u00e9cessit\u00e9 de faire \u00e9valuer professionnellement l'ensemble du portefeuille \u00e0 cette date et de documenter cette \u00e9valuation de mani\u00e8re concluante. <\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la charge de la preuve de cette valeur incombe implicitement, mais ind\u00e9niablement, au contribuable. Sans une \u00e9valuation proactive, d\u00e9taill\u00e9e et \u00e9tay\u00e9e, en particulier pour les actifs non cot\u00e9s, le contribuable ouvre la porte \u00e0 de futures discussions prolong\u00e9es et \u00e0 des \u00e9valuations potentiellement arbitraires de la part des autorit\u00e9s fiscales. Il pourrait en r\u00e9sulter des cotisations fiscales beaucoup plus \u00e9lev\u00e9es et impr\u00e9vues \u00e0 l'avenir. Ainsi, la loi ne cr\u00e9e pas seulement un nouvel imp\u00f4t, mais aussi une exigence imp\u00e9rative de planification et de documentation qui ne doit pas \u00eatre prise \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les trois r\u00e9gimes fiscaux : une approche diff\u00e9renci\u00e9e<\/h4>\n\n\n\n<p>Le l\u00e9gislateur a adopt\u00e9 une approche diff\u00e9renci\u00e9e et distingue strictement trois cat\u00e9gories de plus-values. Ces r\u00e9gimes s'excluent mutuellement, ce qui signifie qu'une plus-value sp\u00e9cifique ne peut relever que d'un seul r\u00e9gime.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9gime 1 : plus-values internes (33%)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9gime est essentiellement un renforcement d'une disposition anti-abus existante. Il vise les plus-values r\u00e9alis\u00e9es sur la vente d'actions \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e par le vendeur, qu'il soit ou non accompagn\u00e9 de ses proches parents (jusqu'au deuxi\u00e8me degr\u00e9).<sup><\/sup> Le taux \u00e9lev\u00e9 de 33% est destin\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher que des liquidit\u00e9s soient retir\u00e9es d'une soci\u00e9t\u00e9 d'exploitation de mani\u00e8re fiscalement avantageuse par le biais d'une structure de d\u00e9tention personnelle. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9gime 2 : int\u00e9r\u00eats substantiels (taux progressifs)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9gime s'applique aux plus-values r\u00e9alis\u00e9es lors de la cession d'actions si, au moment de la cession, le vendeur est <strong>au moins 20%<\/strong> des droits dans la soci\u00e9t\u00e9 concern\u00e9e.<sup><\/sup> Le traitement fiscal est ici plus nuanc\u00e9 : &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une exon\u00e9ration unique des droits de douane sur le premier <strong>\u20ac1.000.000<\/strong> aux plus-values r\u00e9alis\u00e9es. Cette exon\u00e9ration est un \"sac \u00e0 dos\" qui peut \u00eatre utilis\u00e9 sur une p\u00e9riode mobile de cinq ans. \u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Au-del\u00e0 de ce montant exon\u00e9r\u00e9, des taux progressifs par tranche s'appliquent :\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>De 1 000 000 \u20ac \u00e0 2 500 000 \u20ac : 1,25%<\/li>\n\n\n\n<li>De 2 500 000 \u20ac \u00e0 5 000 000 \u20ac : 2,5%<\/li>\n\n\n\n<li>De 5 000 000 \u20ac \u00e0 10 000 000 \u20ac : 5%<\/li>\n\n\n\n<li>Au-dessus de 10 000 000 \u20ac : 10%. \u00a0<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9gime 3 : r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral (10%)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C'est le r\u00e9gime par d\u00e9faut qui s'applique \u00e0 toutes les autres plus-values sur les actifs financiers qui ne sont pas couvertes par les deux premiers r\u00e9gimes. Il s'agit par exemple des actions cot\u00e9es en bourse dans lesquelles on d\u00e9tient une participation inf\u00e9rieure \u00e0 20%, des obligations, des OPCVM et des crypto-actifs.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le taux est un pourcentage fixe de <strong>10%<\/strong>. \u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>Une exon\u00e9ration annuelle de base est pr\u00e9vue pour <strong>\u20ac10.000<\/strong> par contribuable. La partie non utilis\u00e9e de cette exon\u00e9ration peut \u00eatre report\u00e9e sur les ann\u00e9es suivantes de mani\u00e8re limit\u00e9e, avec un maximum de 15 000 euros apr\u00e8s cinq ans. \u00a0<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation de ces trois r\u00e9gimes distincts impose une planification patrimoniale diff\u00e9renci\u00e9e et segment\u00e9e. La strat\u00e9gie fiscale d'un administrateur-actionnaire principal d\u00e9tenant une participation 50% dans son entreprise familiale, qui rel\u00e8ve du r\u00e9gime progressif des int\u00e9r\u00eats substantiels, est fondamentalement diff\u00e9rente de celle d'un particulier poss\u00e9dant un portefeuille de titres diversifi\u00e9, qui rel\u00e8ve du r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral 10%. <\/p>\n\n\n\n<p>Si vous d\u00e9tenez une participation importante, vous devrez vous efforcer de tirer le meilleur parti de l'exon\u00e9ration d'un million d'euros sur la p\u00e9riode de cinq ans, ce qui peut conduire \u00e0 des consid\u00e9rations strat\u00e9giques telles que des ventes \u00e9chelonn\u00e9es ou des restructurations. En revanche, si vous relevez principalement du r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral, vous devrez vous concentrer sur la r\u00e9alisation de gains jusqu'\u00e0 l'exon\u00e9ration de 10 000 euros par an et sur la gestion du pr\u00e9l\u00e8vement 10% sur les gains plus importants. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L'Exit Tax - un r\u00e8glement de sortie fictif<\/h4>\n\n\n\n<p>L'exit tax est la pierre angulaire du nouvel imp\u00f4t sur les plus-values et est sp\u00e9cifiquement con\u00e7ue pour emp\u00eacher les contribuables d'\u00e9chapper au nouvel imp\u00f4t en \u00e9migrant tout simplement.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cadre juridique et objectif<\/h4>\n\n\n\n<p>D'un point de vue juridique et technique, l'exit tax est un pr\u00e9l\u00e8vement imm\u00e9diat sur le capital de l'entreprise. <strong>plus-values latentes<\/strong> sur l'ensemble du portefeuille d'actifs financiers. Le fait g\u00e9n\u00e9rateur de l'imp\u00f4t est le transfert \u00e0 l'\u00e9tranger du domicile fiscal d'un r\u00e9sident belge.<sup><\/sup> Cette \u00e9migration est trait\u00e9e par le l\u00e9gislateur \u00e0 des fins fiscales comme une \"cession pr\u00e9sum\u00e9e\" ou une r\u00e9alisation pr\u00e9sum\u00e9e de tous les actifs. Dans ce cas, la valeur marchande des actifs au jour de l'\u00e9migration est consid\u00e9r\u00e9e comme le prix de vente th\u00e9orique.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif explicite du l\u00e9gislateur est de lutter contre l'\u00e9vasion fiscale. Il s'agit d'\u00e9viter qu'un contribuable, disposant d'une importante plus-value diff\u00e9r\u00e9e, ne d\u00e9m\u00e9nage strat\u00e9giquement \u00e0 l'\u00e9tranger juste avant de r\u00e9aliser effectivement cette plus-value, afin d'\u00e9chapper \u00e0 la nouvelle taxe belge.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Calcul de la base imposable<\/h4>\n\n\n\n<p>Le calcul de l'exit tax suit la logique de l'imp\u00f4t g\u00e9n\u00e9ral sur les plus-values. La base imposable est la diff\u00e9rence entre :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li>La valeur de march\u00e9 des actifs financiers au <strong>date d'\u00e9migration<\/strong>.<\/li>\n\n\n\n<li>Le co\u00fbt d'acquisition, qui pour les actifs acquis avant le 1er janvier 2026, gr\u00e2ce \u00e0 l'amortissement progressif, est la valeur d\u00e9termin\u00e9e pour chaque actif. <strong>31 d\u00e9cembre 2025<\/strong> sera. \u00a0<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les taux applicables (10% pour le r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral, les bar\u00e8mes progressifs pour une participation substantielle, ou 33% pour les plus-values internes) d\u00e9pendent de la nature des actifs du portefeuille, comme si une vente r\u00e9elle avait lieu \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La compatibilit\u00e9 avec le droit europ\u00e9en : une pierre d'achoppement potentielle<\/h4>\n\n\n\n<p>Le principe d'une taxe de sortie est en contradiction avec les libert\u00e9s fondamentales qui constituent la pierre angulaire de l'Union europ\u00e9enne, notamment la libert\u00e9 d'\u00e9tablissement et la libre circulation des personnes. L'obligation de payer une taxe au seul motif que l'on exerce le droit de vivre dans un autre Etat membre peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une entrave.<\/p>\n\n\n\n<p>La jurisprudence de la Cour de justice des Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes (CJCE) dans les affaires concernant la taxe de sortie pour les personnes \u00e2g\u00e9es de moins de 18 ans a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e. <em>entreprises<\/em> (tels que les jugements bien connus <em>National Grid Indus<\/em> et <em>DMC<\/em>) fournit des indications claires et nettes en la mati\u00e8re. La Cour a estim\u00e9 qu'un \u00c9tat membre a le droit d'imposer les plus-values r\u00e9alis\u00e9es sur son territoire au moment d'une \"sortie\". Il s'agit l\u00e0 d'une garantie l\u00e9gitime de l'attribution du pouvoir d'imposition. Toutefois, la <strong>collecte imm\u00e9diate et obligatoire<\/strong> de cet imp\u00f4t sur les plus-values non encore r\u00e9alis\u00e9es constitue une entrave disproportionn\u00e9e aux libert\u00e9s de l'UE.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette taxe de sortie cr\u00e9e ce que l'on pourrait appeler un \"paradoxe de liquidit\u00e9\". Le contribuable est confront\u00e9 \u00e0 une dette fiscale potentiellement importante, sans flux de tr\u00e9sorerie correspondant \u00e0 une vente. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce compromis politique est moins radical qu'un pr\u00e9l\u00e8vement imm\u00e9diat sur les plus-values diff\u00e9r\u00e9es, mais il cr\u00e9e un lien continu avec les autorit\u00e9s fiscales belges au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es suivant l'\u00e9migration. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'un contribuable transf\u00e8re son domicile fiscal \u00e0 l'\u00e9tranger, il doit, pendant une p\u00e9riode de <strong>deux ans<\/strong> continuer \u00e0 \u00eatre oblig\u00e9 de d\u00e9clarer ses actifs financiers et les plus-values r\u00e9alis\u00e9es sur ceux-ci.<sup><\/sup> Si des plus-values sont r\u00e9alis\u00e9es au cours de cette p\u00e9riode de deux ans gr\u00e2ce \u00e0 la vente de ces actifs, elles resteront imposables en Belgique en vertu des nouvelles r\u00e8gles d'imposition des plus-values.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l'expiration de la p\u00e9riode de deux ans, cette obligation de d\u00e9claration prend fin. D\u00e8s lors, il est en principe possible de partir \u00e0 l'\u00e9tranger et de vendre ses biens sans payer d'imp\u00f4t sur les plus-values. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l'\u00e9migrant, cela signifie qu'un d\u00e9m\u00e9nagement n'offre pas une libert\u00e9 fiscale imm\u00e9diate. Pendant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l'\u00e9tranger, il faut continuer \u00e0 suivre de pr\u00e8s la l\u00e9gislation fiscale belge et la vente d'un portefeuille reste soumise \u00e0 l'imp\u00f4t belge.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cons\u00e9quences en Espagne<\/h3>\n\n\n\n<p>Une planification r\u00e9ussie de l'\u00e9migration exige une analyse tout aussi approfondie de la l\u00e9gislation fiscale du pays de destination. \u00c0 cet \u00e9gard, l'Espagne offre deux r\u00e9gimes fondamentalement diff\u00e9rents, dont le choix d\u00e9terminera le traitement fiscal de votre portefeuille d'investissements.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le r\u00e9gime normal espagnol pour les r\u00e9sidents<\/h4>\n\n\n\n<p>D\u00e8s qu'une personne devient r\u00e9sidente fiscale en Espagne - ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement le cas lorsqu'elle s\u00e9journe en Espagne pendant plus de 183 jours au cours d'une ann\u00e9e civile - elle devient imposable sur la base de l'imp\u00f4t sur le revenu des personnes physiques. <strong>revenus et actifs mondiaux<\/strong>.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Plus-values sur investissements :<\/strong> Les plus-values r\u00e9alis\u00e9es (\"rendimientos del capital mobiliario\" ou \"ganancias patrimoniales\") sont progressivement impos\u00e9es dans ce que l'on appelle la \"base del ahorro\". Les taux sont de 19% sur les premiers 6 000 \u20ac, 21% jusqu'\u00e0 50 000 \u20ac, 23% jusqu'\u00e0 200 000 \u20ac, 27% jusqu'\u00e0 300 000 \u20ac et 28% au-del\u00e0. \u00a0<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Imp\u00f4t sur la fortune :<\/strong> L'Espagne dispose d'un imp\u00f4t national sur le patrimoine (\"Impuesto sobre el Patrimonio\"), mais son application concr\u00e8te (taux et exon\u00e9rations) a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e aux r\u00e9gions autonomes. Il en r\u00e9sulte de grandes diff\u00e9rences. Dans des r\u00e9gions comme l'Andalousie et Madrid, cet imp\u00f4t a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 dans la pratique par une prime de 100%. \u00a0<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Obligation de d\u00e9claration :<\/strong> Les r\u00e9sidents sont tenus de d\u00e9clarer leurs avoirs \u00e9trangers (comptes, investissements, biens immobiliers) via le \"Modelo 720\" si la valeur par cat\u00e9gorie d\u00e9passe 50 000 euros.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/emigrer-en-espagne\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.confianz.be\/emigreren-naar-spanje\/\">En savoir plus sur la r\u00e9sidence fiscale en Espagne.<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le \"Ley Beckham\" : un refuge fiscal pour vos investissements ?<\/h4>\n\n\n\n<p>Outre le r\u00e9gime normal, l'Espagne offre un r\u00e9gime fiscal tr\u00e8s attractif et facultatif pour les expatri\u00e9s, commun\u00e9ment appel\u00e9 \"Ley Beckham\" ou \"r\u00e9gimen especial de impatriados\". Ce r\u00e9gime est inscrit dans l'article 93 de la loi espagnole sur l'imp\u00f4t sur le revenu des personnes physiques (IRPF). \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le principe fondamental de la Ley Beckham est que, bien que la personne soit \u00e0 toutes fins utiles un r\u00e9sident fiscal en Espagne, elle est impos\u00e9e pour la plupart de ses sources de revenus comme si elle \u00e9tait un r\u00e9sident fiscal en Espagne. <strong>non-r\u00e9sident<\/strong> est. Cela a une cons\u00e9quence cruciale et particuli\u00e8rement favorable pour le d\u00e9tenteur d'un portefeuille d'investissements internationaux. Dans le cadre de ce r\u00e9gime, seuls les revenus consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant d'origine espagnole sont impos\u00e9s. Alors que les revenus du travail sont impos\u00e9s dans le monde entier (\u00e0 un taux forfaitaire favorable), les plus-values, les dividendes et les int\u00e9r\u00eats provenant d'un portefeuille d'investissement international sont impos\u00e9s dans le monde entier (\u00e0 un taux forfaitaire favorable). <strong>portefeuille de titres \u00e9trangers<\/strong> (par exemple, un portefeuille d\u00e9tenu aupr\u00e8s d'une banque belge ou luxembourgeoise) sont consid\u00e9r\u00e9s comme des revenus non espagnols et sont donc soumis \u00e0 l'imp\u00f4t sur le revenu. <strong>exon\u00e9ration totale de l'imp\u00f4t espagnol sur le revenu<\/strong>. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Les conditions pour b\u00e9n\u00e9ficier de ce r\u00e9gime sont strictes <sup><\/sup>: &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li>Au cours de la <strong>cinq<\/strong> Les ann\u00e9es fiscales pr\u00e9c\u00e9dentes n'ont pas \u00e9t\u00e9 des ann\u00e9es de r\u00e9sidence fiscale en Espagne.<\/li>\n\n\n\n<li>Le d\u00e9m\u00e9nagement en Espagne doit \u00eatre motiv\u00e9 par des raisons sp\u00e9cifiques d'ordre \u00e9conomique. Les plus courantes sont la conclusion d'un <strong>contrat de travail<\/strong> aupr\u00e8s d'un employeur espagnol, en acceptant un mandat en tant qu'employ\u00e9 de bureau. <strong>conducteur<\/strong> dans une entreprise espagnole, ou lancer une activit\u00e9 \u00e9conomique innovante qualifi\u00e9e. La simple retraite ou le d\u00e9part \u00e0 la retraite ne suffisent pas.<\/li>\n\n\n\n<li>La demande officielle doit \u00eatre soumise par l'interm\u00e9diaire du <strong>Mod\u00e8le 149<\/strong> aux autorit\u00e9s fiscales espagnoles dans un d\u00e9lai strict de <strong>six mois<\/strong> apr\u00e8s le d\u00e9but de l'activit\u00e9 en Espagne (par exemple, inscription \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale). \u00a0<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9gime est applicable pour l'ann\u00e9e d'arriv\u00e9e et les cinq ann\u00e9es civiles suivantes, ce qui repr\u00e9sente un montant de <strong>dur\u00e9e maximale de six ans<\/strong>.<sup><\/sup> Apr\u00e8s cette p\u00e9riode, on revient automatiquement au r\u00e9gime standard pour les r\u00e9sidents. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Opter pour la Ley Beckham n'est pas seulement un petit avantage, c'est la contrepartie fiscale parfaite de l'exit tax belge. Alors que la loi belge impose les plus-values latentes jusqu'au jour de l'\u00e9migration, la Ley Beckham veille \u00e0 ce que les plus-values accumul\u00e9es par l'\u00e9migrant ne soient pas impos\u00e9es. <em>apr\u00e8s<\/em> l'\u00e9migration (jusqu'\u00e0 six ans) n'est pas impos\u00e9e en Espagne. Ensemble, ces deux l\u00e9gislations nationales, \u00e0 premi\u00e8re vue sans rapport, cr\u00e9ent une transition fiscale (presque) transparente sans double imposition sur la m\u00eame plus-value. La p\u00e9riode de six ans en Espagne dans le cadre de ce r\u00e9gime peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \"paradis fiscal\" pour la poursuite de la croissance du portefeuille d'investissements \u00e9trangers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comparaison des r\u00e9gimes fiscaux espagnols pour un portefeuille de titres \u00e9trangers<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><thead><tr><td>Fonctionnalit\u00e9<\/td><td>R\u00e9gime r\u00e9sidentiel normal<\/td><td>\"R\u00e9gime \"Ley Beckham<\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><strong>Base imposable<\/strong><\/td><td>Revenu et richesse au niveau mondial<\/td><td>Revenus de source espagnole uniquement (exception pour les revenus du travail)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Imp\u00f4t sur les plus-values (portefeuille \u00e9tranger)<\/strong><\/td><td>Oui, taux progressif de 19% \u00e0 28%<\/td><td><strong>Non, exon\u00e9ration totale<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Imposition des dividendes (portefeuille \u00e9tranger)<\/strong><\/td><td>Oui, taux progressif de 19% \u00e0 28%<\/td><td><strong>Non, exon\u00e9ration totale<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Imp\u00f4t sur la fortune (capitaux \u00e9trangers)<\/strong><\/td><td>Oui (sous r\u00e9serve de variations r\u00e9gionales)<\/td><td><strong>Non, exon\u00e9ration totale<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>D\u00e9claration des avoirs \u00e9trangers (Modelo 720)<\/strong><\/td><td>Oui, obligatoire<\/td><td><strong>Non, exempt\u00e9<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Dur\u00e9e du r\u00e9gime<\/strong><\/td><td>Illimit\u00e9 (tant que l'on est r\u00e9sident)<\/td><td>Maximum 6 ans<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, la voie fiscale la plus favorable vers l'Espagne (Ley Beckham) n'est pas accessible au \"retrait\u00e9\" ou au \"pensionn\u00e9\" traditionnel qui souhaite vivre passivement de ses actifs. Le r\u00e9gime exige un lien \u00e9conomique actif avec l'Espagne. De nombreux clients r\u00eavent de \"quitter leur travail\" et de s'installer en Espagne. Cependant, la r\u00e9alit\u00e9 fiscale est qu'une telle \u00e9migration \"passive\" les place in\u00e9vitablement sous le r\u00e9gime standard, beaucoup plus on\u00e9reux. <\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/beckham-rule-ley-beckham-explained\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.confianz.be\/beckham-rule-ley-beckham-uitgelegd\/\">En savoir plus sur le Ley Beckham.<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La convention de double imposition<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans l'interaction entre deux l\u00e9gislations fiscales nationales, la convention de double imposition (CDI) joue un r\u00f4le crucial. Cette convention pr\u00e9vaut sur la l\u00e9gislation nationale et vise \u00e0 d\u00e9terminer lequel des deux \u00c9tats est comp\u00e9tent en mati\u00e8re d'imposition, ce qui permet d'\u00e9viter la double imposition. La convention entre la Belgique et l'Espagne est bas\u00e9e sur le mod\u00e8le de convention de l'OCDE.<sup><\/sup> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Analyse de l'article 13 (gains en capital)<\/h4>\n\n\n\n<p>L'article 13 du CDI Belgique-Espagne r\u00e9git le pouvoir d'imposer les plus-values. Pour un portefeuille d'investissement, deux dispositions sont primordiales :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>La r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale (art. 13, par. 6) :<\/strong> Cet article pr\u00e9voit que le pouvoir d'imposition des plus-values sur les biens meubles (comme un portefeuille de titres) est attribu\u00e9 exclusivement \u00e0 l'\u00c9tat o\u00f9 se trouve le bien en question. <strong>le c\u00e9dant est r\u00e9sident fiscal<\/strong> au moment de la cession. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, si vous r\u00e9sidez en Espagne au moment o\u00f9 vous vendez vos actions, en principe, seule l'Espagne peut pr\u00e9lever l'imp\u00f4t. \u00a0<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L'exception (art. 13, par. 5) :<\/strong> Toutefois, la convention contient une exception tr\u00e8s importante pour les \"participations importantes\". Cette disposition stipule que les b\u00e9n\u00e9fices provenant de la cession d'actions faisant partie d'une participation de <strong>au moins 25%<\/strong> dans une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9sidant dans l'autre \u00c9tat (en l'occurrence la Belgique), peuvent \u00eatre impos\u00e9s dans cet autre \u00c9tat (la Belgique). Il s'agit d'une clause dite de \"r\u00e9cup\u00e9ration\" qui permet \u00e0 la Belgique, m\u00eame apr\u00e8s votre \u00e9migration, de continuer \u00e0 exercer des pouvoirs d'imposition dans des conditions strictes. \u00a0<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Interaction entre la taxe de sortie et la convention<\/h4>\n\n\n\n<p>D'un point de vue juridique, la taxe de sortie n'est pas une violation du trait\u00e9, mais plut\u00f4t une taxe d'entr\u00e9e. <em>anticipation<\/em> sur elle. La Belgique pr\u00e9l\u00e8ve l'imp\u00f4t sur une r\u00e9alisation fictive au tout dernier moment o\u00f9 elle dispose incontestablement d'un pouvoir d'imposition exclusif : le jour pr\u00e9c\u00e9dant le changement formel de r\u00e9sidence fiscale. La convention pr\u00e9ventive de double imposition r\u00e8gle la situation qui se pr\u00e9sente <em>apr\u00e8s<\/em> \u00e0 ce moment-l\u00e0. L'imp\u00f4t de sortie est donc le prix que l'\u00e9migrant paie pour \u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 transf\u00e9rer \u00e0 l'Espagne le pouvoir d'imposition sur l'accumulation future de ses actifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l'\u00e9migration, lorsque les actions sont effectivement vendues \u00e0 une date ult\u00e9rieure, la convention prend pleinement effet :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sc\u00e9nario A : portefeuille ordinaire (&lt;25% holdings) :<\/strong> La Belgique a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9clam\u00e9 sa part de la plus-value (jusqu'\u00e0 l'\u00e9migration) par le biais de l'exit tax. En cas de vente r\u00e9elle ult\u00e9rieure pendant que vous r\u00e9sidez en Espagne, l'article 13, paragraphe 6, attribue le pouvoir d'imposition exclusivement \u00e0 l'Espagne. Si vous \u00eates soumis \u00e0 la Ley Beckham, l'Espagne n'exercera pas cette comp\u00e9tence. Le r\u00e9sultat net est que seule la taxe de sortie belge a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e sur la plus-value jusqu'au d\u00e9m\u00e9nagement.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Sc\u00e9nario B : Participation significative (\u226525% dans une soci\u00e9t\u00e9 belge) :<\/strong> La Belgique a pr\u00e9lev\u00e9 la taxe de sortie sur la plus-value latente au moment de la sortie. Toutefois, lors d'une vente ult\u00e9rieure et effective, l'article 13, paragraphe 5, d\u00e9signe le pouvoir d'imposition <em>\u00e9galement<\/em> vers la Belgique. Il en r\u00e9sulte un risque potentiel de double imposition : d'abord par le biais de la taxe de sortie fictive, puis par le biais d'une taxe r\u00e9elle sur la vente. Dans une telle situation, pour respecter les r\u00e8gles de la convention, la Belgique devra compenser l'imp\u00f4t de sortie pr\u00e9c\u00e9demment pay\u00e9 par l'imp\u00f4t final d\u00fb, mais la proc\u00e9dure \u00e0 suivre peut s'av\u00e9rer administrativement complexe.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L'analyse de l'article 13 montre qu'un \"portefeuille d'investissement\" n'est pas un concept fiscal homog\u00e8ne dans un contexte international. La pr\u00e9sence d'une seule \"participation substantielle\" de 25% ou plus dans le portefeuille modifie l'ensemble de la dynamique fiscale internationale et le profil de risque de l'\u00e9migration. Vous pouvez d\u00e9tenir un portefeuille de 10 millions d'euros, dont 9 millions d'euros dans des fonds diversifi\u00e9s et 1 million d'euros dans une participation de 30% dans une PME belge. Sur le plan fiscal, il s'agit de deux mondes compl\u00e8tement diff\u00e9rents. Pour les 9 millions d'euros, l'analyse (Exit Tax -&gt; Ley Beckham -&gt; pas d'imp\u00f4t espagnol) est relativement simple. Pour la participation d'un million d'euros, il existe un risque suppl\u00e9mentaire li\u00e9 \u00e0 la clause de \"r\u00e9cup\u00e9ration\" de la convention, ce qui n\u00e9cessite une planification beaucoup plus complexe, par exemple en envisageant une vente ou une restructuration de cette participation. <em>avant<\/em> l'\u00e9migration. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Consid\u00e9rations strat\u00e9giques et conclusions<\/h3>\n\n\n\n<p>L'analyse qui pr\u00e9c\u00e8de d\u00e9bouche sur un certain nombre de sc\u00e9narios concrets et de recommandations strat\u00e9giques pour tout investisseur belge envisageant d'\u00e9migrer en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Analyse de sc\u00e9narios : implications pratiques<\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Sc\u00e9nario 1 : L'\"\u00e9migrant actif\" (opte pour Ley Beckham)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En Belgique :<\/strong> En cas de d\u00e9part apr\u00e8s le 1er janvier 2026, l'\u00e9migrant est soumis \u00e0 l'obligation de d\u00e9claration pendant deux ans. S'il vend des actifs au cours de ces deux ann\u00e9es, la plus-value (accumul\u00e9e depuis le 31 d\u00e9cembre 2025) est imposable en Belgique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En Espagne (6 premi\u00e8res ann\u00e9es) :<\/strong> L'\u00e9migrant ne paie pas d'imp\u00f4t sur le revenu ni d'imp\u00f4t sur la fortune en Espagne sur le portefeuille \u00e9tranger. Toutes les plus-values r\u00e9alis\u00e9es au cours de cette p\u00e9riode ne sont pas impos\u00e9es en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion :<\/strong> Il s'agit du sc\u00e9nario fiscal le plus optimal. L'imp\u00f4t belge peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9 en retardant la vente des actifs jusqu'\u00e0 la fin de la p\u00e9riode de deux ans. En contrepartie, on b\u00e9n\u00e9ficie de six ann\u00e9es de croissance du patrimoine en franchise d'imp\u00f4t en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sc\u00e9nario 2 : L'\"\u00e9migrant passif\" (rel\u00e8ve du r\u00e9gime normal)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En Belgique :<\/strong> La taxe de sortie est due de mani\u00e8re identique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En Espagne :<\/strong> L'\u00e9migrant est impos\u00e9 sur toutes les plus-values r\u00e9alis\u00e9es au niveau mondial aux taux progressifs (19%-28%) et est potentiellement soumis \u00e0 l'imp\u00f4t sur la fortune. Il existe un risque important de double imposition. Si une vente a lieu au cours des deux premi\u00e8res ann\u00e9es, la plus-value est impos\u00e9e \u00e0 la fois en Belgique (en raison du r\u00e9gime d'imposition \u00e0 la sortie) et en Espagne (en raison du principe de r\u00e9sidence). Bien que la convention pr\u00e9voie des m\u00e9canismes pour y rem\u00e9dier, la proc\u00e9dure est complexe et le r\u00e9sultat n'est pas toujours garanti. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion :<\/strong> Ce sc\u00e9nario est nettement moins favorable et n\u00e9cessite une planification beaucoup plus prudente et proactive pour \u00e9viter la double imposition, notamment en \u00e9vitant les ventes au cours des deux premi\u00e8res ann\u00e9es suivant l'\u00e9migration.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Conclusions et recommandations<\/h3>\n\n\n\n<p>L'interaction entre la nouvelle l\u00e9gislation belge, les r\u00e9gimes fiscaux espagnols et la convention de double imposition est extr\u00eamement complexe. Une \u00e9migration r\u00e9ussie exige une approche strat\u00e9gique et bien pr\u00e9par\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le choix du moment est essentiel :<\/strong> Une \u00e9migration totalement achev\u00e9e <strong>avant le 31 d\u00e9cembre 2025<\/strong> \u00e9vite compl\u00e8tement l'application de la nouvelle taxe sur les plus-values et de la taxe de sortie. Pour les personnes quittant leur emploi apr\u00e8s cette date, une planification d\u00e9taill\u00e9e est essentielle.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L'appr\u00e9ciation est cruciale :<\/strong> Ind\u00e9pendamment des projets d'\u00e9migration, il est capital pour tout investisseur belge de faire \u00e9valuer l'ensemble de son portefeuille, et en particulier les actifs non cot\u00e9s, de mani\u00e8re professionnelle et document\u00e9e, au 31 d\u00e9cembre 2025. Cette \u00e9valuation constitue votre nouvelle base fiscale et la pierre angulaire de votre d\u00e9fense contre le fisc pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Analysez votre profil d'\u00e9migration :<\/strong> La question de savoir si vous serez un \u00e9migrant \"actif\" ou \"passif\" est le facteur le plus important pour la r\u00e9ussite de votre planification fiscale en Espagne. La possibilit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier de la Ley Beckham doit \u00eatre au centre de vos pr\u00e9occupations. Si n\u00e9cessaire, adaptez vos plans professionnels pour r\u00e9pondre aux exigences.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Segmentez votre portefeuille :<\/strong> Identifiez soigneusement toute \"participation importante\" (\u226525% dans une soci\u00e9t\u00e9 belge). Ces actifs n\u00e9cessitent une strat\u00e9gie distincte et plus sp\u00e9cialis\u00e9e en raison des dispositions sp\u00e9cifiques de \"r\u00e9cup\u00e9ration\" de la convention de double imposition.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Consulter des experts :<\/strong> La complexit\u00e9 de ce dossier ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9e. Une \u00e9migration bien pr\u00e9par\u00e9e n\u00e9cessite des conseils juridiques et fiscaux sp\u00e9cialis\u00e9s, non seulement en Belgique mais aussi en Espagne, afin d'aligner parfaitement les deux l\u00e9gislations.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article, nous abordons la question de l'imp\u00f4t belge sur les plus-values et les implications de l'imp\u00f4t de sortie en cas d'\u00e9migration vers l'Espagne.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":33018,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[131,126,135],"tags":[210,931],"class_list":["post-33010","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-emigreren-naar-spanje-artikels","category-belgie-vastgoedrecht","category-belastingen-in-spanje","tag-emigreren-naar-spanje","tag-exit-taks"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33010","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33010"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33010\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33021,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33010\/revisions\/33021"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/33018"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33010"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33010"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.confianz.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33010"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}